ANDIM


Blancs sont les écrins de mon âme,
quand valse l’angélus du soir
E
t que les miroirs des dunes en farandoles s’étiolent
Blancs sont les écrins de mon âme
Quand les mélopées brunes des berceuses scellent les démons de la nuit
Et que s’éclaire le visage de Simel sous l’éclat kaolin des prunelles du printemps

Blancs sont les écrins de mon âme, le temps d’une halte
Puisque s’essouffle l’éternité de ces instants
Puisque errante est notre existence si elle ignore la foi
Puisque dévote elle devient si elle ne connaît point le doute
Puisque contre l’oubli, il créa la souffrance
Et que d’elle je ne puis m’accommoder, des mots

Sortis de la crinière de mes écrins, des mots
Du fond de mes abîmes, de mes ombres mesquines
Ce regard livide ayant perdu la force d’accuser désormais m’accompagne
Ces jambes chancelantes, qui refusent de porter le poids d’une absurde existence
Ces jambes chancelantes qui refusent de porter la masse de nos horribles silences

Une seconde avant la nuit les hommes m’avaient surpris dans un monde sans utopie
Une seconde avant la nuit, je n’ai même plus le temps de leur dire
Que l’enfer c’est l’absence de Fraternité
Qu’elle est cette suprême vérité qui exige en offrande la déchéance d’enfants innocents
Assis sur les marches du temps, j’attends